Le blog du laboratoire anarchiste est un blog actif a propos de l'actualité sociale
Er Nissim, center, at court with att. Gaby Lasky and some of the other defendants
Une importante résistance israélienne contre le mur est difficile à cause de l'extrême racisme qui existe en Israël. Celui-ci fait en sorte qu'une opposition au mur par principe est incompréhensible ou est comprise comme un encouragement au meurtre d'Israéliens. De ce fait, les AATW sont toujours marginalisés et sujets à des persécutions légales et à de violentes attaques lors des manifestations.
À ce jour, des membres des AATW ont été arrêtés plus de fois qu'on peut compter; 63 accusations ont été déposées contre des membres du groupe et une militante a déjà été incarcérée pendant plusieurs mois. L'activité habituelle des AATW sous-entend non seulement un contact constant avec l'avocat du groupe - l'excellente et très dévouée Gaby Lasky -, mais aussi une connaissance intime des infirmiers et infirmières d'un grand centre d'urgence à Tel-Aviv.
La pression infligée par de tels risques de danger physique est dure à porter pour un groupe militant qui est assez ouvert à l'arrivée de nouvelles personnes et à la présence de sympathisants lors d'actions et de manifestations. Les AATW se posent constamment la question de comment être le plus prudent possible sans abandonner leurs partenaires palestiniens. D'ailleurs, il n'est même pas certain qu'il existe des précautions à prendre qui soient efficaces pour réduire les risques lors de manifestations. De toutes les blessures graves subies par des membres des AATW ou par des sympathisants invités par le groupe, une seule fois les militants auraient pu éviter que quelqu'un soit blessé.
Les difficultés d'une lutte commune
Un autre aspect original du travail des AATW est la lutte commune qui est menée ensemble avec des Palestiniens. Celle-ci n'est, bien sûr, pas sans difficultés. On ne peut pas s'attendre à ce que les Palestiniens et Palestiniennes acceptent et fassent confiance immédiatement à des Israéliens et Israéliennes. En plus des craintes d'espions ou de provocateurs, la coopération avec des Israéliens comprend un degré de «normalisation» qui se traduit par un ajustement aux conditions de l'occupation.
Les militants israéliens portent avec eux des influences culturelles qui peuvent ne pas être bienvenues dans certaines parties de la société palestinienne. De ce fait, et malgré qu'il n'y ait aucune plate-forme formalisée, les AATW insistent sur quelques principes dans le travail commun.
Bien que la lutte soit menée conjointement, le premier principe est que ce sont les Palestiniens et Palestiniennes qui doivent prendre les décisions importantes, car ce sont eux les premiers affectés par les décisions qui sont prises lors de la lutte. Ensuite, les Israéliens et Israéliennes ont la responsabilité particulière de respecter l'autodétermination palestinienne, et celle-ci s'étend au respect des coutumes sociales et à ne pas se mêler de la politique palestinienne interne (dont la matière abonde!).
Une question plus délicate est celle de la normalisation versus les bienfaits des liens sociaux. Il y a des standards culturels. différents et il serait autoritaire d'essayer de les changer, sans parler de les imposer aux individus. Le seul principe est celui de respecter les demandes faites par les comités populaires à cet égard.
Les détails ci-dessus donnent peut-être l'impression que les difficultés de la lutte commune sont plus importantes qu'elles ne le sont vraiment. En réalité, la lutte commune fait face à une seule difficulté principale qui prend la forme de l'État d'Israël. L'attention portée à ces problèmes est de montrer le processus de développement politique vécu par les AATW ensemble avec ses partenaires palestiniens. Lors de ces dernières années de luttes intensives, ces problèmes ont dû être surmontés.
Étant en quelque sorte le relais central entre les mouvements de la paix israéliens et palestiniens, les AATW ont transmis leur expérience au mouvement de la paix israélien et ont joué un rôle important dans son développement politique.
Au moment où les AATW ont commencé, l'idée que des Israéliens se joindraient à des manifestations palestiniennes semblait impensable pour une grande majorité de la gauche israélienne. Après plusieurs années d'action, le nombre d'Israéliens ayant participé à des manifestations communes avec des Palestiniens et est de plusieurs milliers et comprend des personnes qui ne sont pas du tout marginalisées. Hormis ceux présents dans des circonscriptions majoritairement arabes, aucun parti politique israélien n'a soutenu la lutte commune contre le mur.
L'obligation des «citoyens» de résister aux actes et politiques criminels menés par « leur» gouvernement est reconnue en droit international et elle oblige les Israéliens et à faire tout leur possible pour résister à leur gouvernement. L'obligation de résister contre ce mur devient encore plus évidente pour tous ceux qui ont déjà été témoins de l'amputation des villages et des villes sur son parcours.
Baisser le regard et ignorer les crimes commis en nos noms, avec nos impôts, par les étudiants que nous formons, ou par ceux que nous côtoyons par politesse, nous fait perdre un peu de notre humanité. Ce fardeau contraint la population israélienne à être esclave de sa propre peur. Dans ce sens, l'acte de désobéissance et de résistance est aussi un acte de libération personnelle; une option ouverte aux Israéliens qui voudraient rejoindre la lutte.
La lutte de la population palestinienne contre ceux qui voudraient qu'elle s'éloigne ou disparaisse totalement est une lutte permanente simplement pour exister. Cette lutte est soutenue par des militants et militantes israéliens qui, à chaque fois, prennent un certain risque personnel. Cependant, la peine maximale pour les Israéliens et Israéliennes ne comprend pas toute une vie d'insécurité financière et le fait d'être soumis aux caprices des soldats occupants. Si ces risques ne sont pas assez pour décourager nos camarades palestiniens, alors nous non plus nous ne devons être découragés.
militant des Anarchists Against the Wall www.awalls.org