Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le blog du laboratoire anarchiste est un blog actif a propos de l'actualité sociale

Publicité

le 16 mai à, répondons à l'appel local pour manifester



circule sur internet actuellement pour le 16 Mai,
jour de la nomination de Sarkozy en tant que président de la république.
Un rassemblement non-violent et artistique, de dialogues et d'echanges militants pour exprimer notre indignation face a la droite extreme et l'extreme droite... Mais aussi prevenir les asso., syndicats recus la semaine prochaine par lui ( !), les partis politique de gauche, d'extreme gauche et du centre en vue des elections legislatives ! C'est a dire faire du bruit... tam tam, tambours et trompettes, banderolles et pancartes, porte-voix et micros et envoyer tout a la fois des messages forts a la population et aux elus et aux medias et les avertir que par la-meme nous les mettons:
 TOUS face a leurs responsabilites !

Il y a urgence pour résister. "la colère du peuple" ( voir le tract publié vendredi 11 mai sur le blog ://lelaboratoire.over-blog.com et distribué dans le plus de lieux possible et à laisser à la machine à café)
On manque de bras dans le bâtiment”. J’ai lu et entendu cette remarque plus d’une fois.

Adressé à des “chomeurs diplomés” comme on dit, population aberrante : licenciés es lettres, docteurs en sociologie, capables de lire kant dans le texte, de gloser sur Finnegans Wake, savants inutiles et inemployés, gens de culture qui n’ont en vérité que ça, quelques livres.

Alors : “On manque de bras dans le bâtiment”, c’est-à-dire :

Témoignage:

"il y a bien trop d’érudits, bien trop d’étudiants, pas assez de maçons. Il y a vingt-trente ans, la question de se posait pas. je me souviens qu’en première année de philosophie nous étions vingt à peine, c’était en 1986, et que, cinq ans plus tard, nos successeurs emplissaient à deux cents un amphithéâtre. 80% d’une classe d’âge au baccalauréat, n’était-ce pas forcer le destin d’une génération, les inviter à embrasser l’univers du savoir plutôt que d’apprendre à bâtir des maisons ?

Mais qu’espéraient donc nos politiques à l’époque ? Qu’une mutation accélérée de la société toute entière (existe-t-elle d’ailleurs cette “société”, où la trouver ?) permette que soient accueillis comme des enfants prodigues ces 80% de lettrés ? Qu’ils s’y épanouissent et soient payés du fruit de leur savoir ?

Mais le marché ne considère qu’avec circonspection les érudits. peu lui chaut qu’on en sache un peu sur la littérature médiévale ou la démographie du Bénin : le marché ne connaît qu’une seule philosophie, le marketing, et, tant qu’à faire, préfère des gens qui travaillent servilement à des gens qui pensent (quoiqu’en disent les directeurs de ressources humaines).

Il y autre chose toutefois dans ce :

On manque de bras dans le bâtiment“.

Passe encore la délectation avec laquelle cette proposition est avancée par celui prend ainsi sa revanche sur les intellectuels - qu’il n’est pas, n’a pas su être, ou croit ne pas être. Mais au fond, c’est renvoyer le destin singulier de chacun aux nécessités du grand tout. Car, si vous embrassez la vie de chercheur, la vie consacrée à l’étude, ce n’est certes pas seulement pour des raisons pragmatiques (je me souviens encore mon père : “la philosophie ? Mais tu es fou ! Ça va te mener où ?” ce en quoi il n’avait pas tort, ça mène dans mon cas au rmi et à la misère, mais une misère savante et cultivée, ce qui fait une belle jambe quand il s’agit de payer son loyer). C’est aussi par amour du savoir, par curiosité intellectuelle, ou parce que vous avez eu l’opportunité de goûter aux plaisirs délicats de l’étude et souhaitez prolonger ces instants de grâce, ou parce que des questions vous préoccupent, vous obsèdent, ou bien que vous vouliez changer le monde, ou encore pour ce que les psychologues de bazar désigneraient comme enrichissement personnel (et pourquoi pas ?).

Choisir le savoir plutôt qu’un métier rentable, voilà qui vous fait passer aujourd’hui pour un imbécile. À preuve, “rêvasser” est redevenu un trait pathologique dans nos écoles. (Il est vrai aussi qu’autrefois les pauvres, comme moi, faisaient rarement de longues études : à douze ou seize ans au mieux, on allait aux champs ou à l’usine. Ce qui n’empêchait pas certains de devenir de délicieux autodidactes parfois.

Bref, c’était chacun à sa place. N’y a-t-il dans la situation présente quelque chose d’insupportable aux conservateurs, l’idée que les enfants de pauvres ne se satisfassent plus aussi aisément de la condition de leurs parents, veulent en savoir plus, et, conséquemment, menacent de prendre la place que la bourgeoisie occupait de fait sinon de droit par la naissance et par succession en quelque sorte ? C’est un raisonnement - “On manque de bras dans le bâtiment” - qui encore fois fait fi des inégalités réelles : car les enfants de bourgeois n’ont que rarement l’occasion de se poser sérieusement la question de savoir s’ils devraient être maçons plutôt qu’étudiant

 Ça n’a rien à voir avec les nécessités du prétendu corps social.

Et d’ailleurs, dîtes moi un peu : qui choisit (pour autant qu’on choisisse) d’exercer un métier en vue du bien commun ou de la satisfaction des besoins du “corps social” ? C’est pousser un peu loin le contrat social que d’accepter non seulement la diminution de la sphère de nos égoismes (ou de nos libertés), mais aussi d’occuper un emploi au seul prétexte que le corps social en aurait besoin, de devenir maçon parce que la France a besoin de maçons. Nous ne sommes pas, loin de là, dans la situation finale du communisme en acte de Marx, où chacun s’emploie au bien commun, dans la coïncidence de son désir personnel et des besoins du corps social .

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article