« Ce socialisme ne consistera pas à permettre à l’ou- vrier de sortir de l’usine avec une paire de chaussures en bandoulière ; et ceci, non parce qu’elles auraient été volées au patron, mais parce que cela représenterait un système ridiculement lent et lourd de distribution des chaussures à tous. » (Bordiga, Propriété et Capital)"
"Puisqu’il est établi entre nous que la révolution ne saurait être la gestion des entreprises par les travailleurs quel intérêt y aurait-il à en connaître le détail et à entendre ces travailleurs se féliciter de travailler ‘à leur compte’ ? ».
Cette critique est en effet paradoxale. On veut des luttes « radicales » qui dépassent le capital ou au moins qui l’affrontent sans concession, sans le prendre en charge, mais par ailleurs on voudrait un mouvement dont les participants connaissent l’histoire du mouvement ouvrier et l’analyse théorique de l’exploitation, c’est à dire qu’on veut des militants ouvriers qui ne pourraient qu’affirmer le travail. C’est toute la question du mouvement de communisation comme dépassement du capital et des classes qui est posée là, la question des luttes de classe commençant dans l’auto-organisastion pour la dépasser au travers d’antagonismes aigus. Les luttes de classes de ce cycle portent la révolution comme communisation, abolition de toutes les classes, mais elles la portent telles quelles sont, comme luttes de classe et c’est cela même qui est leur limite. Si les prolétaires s’emparent des entreprises ce n’est pas « pour faire le communisme » mais pour défendre leur reproduction immédiate. Les projets de réorganisation de la société sur la base du travail (Le socialisme) ont été très vagues en Argentine même si les termes de « pouvoir ouvrier » ont circulé. http://meeting.senonevero.net/spip.php?article133