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La tyrannie la plus redoutable n'est pas celle qui prend figure d'arbitraire, c'est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité." Albert Libertad

le blog du laboratoire anarchiste

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 13:55

l'interlutte appel toutes et tous à manifester de 10h à +2 votre soladirité active pour la lutte du LKP le 1 4 décembre devant la CAF de Valence

Le mardi 7 décembre, une douzaine de chômeurs et précaires membres des collectifs de Brest et Rennes ainsi qu'une quarantaine de conseillers à l'emploi de la CGT ont occupé la direction régionale de Pôle emploi, et ont bloqué l'accès à un certain nombre de bureaux.

 

Avant que nous nous décidions à retenir et à chahuter quelques dizaines de minutes une quinzaine de cadres de Pôle emploi (l'un d'eux s'est vu recevoir le contenu d'une bouteille d'eau sur son joli costume) ainsi que la directrice régionale Nadine Crinier qui étaient en réunion au Triangle.

 


 

 

Nous entendions montrer à la direction de Police emploi que nous n'accepterons pas que Mme Martine Mégret n'obtienne qu'un nouveau CAE alors qu'elle accumule les CDD à Pôle emploi depuis 7 ans !

 

L'enjeu était de montrer aux salariés de Pôle emploi la porosité de leur situation avec celles des «DE», pour employer le langage de la direction, c'est-à-dire des précaires.

 

N'ayant obtenu pour toute réponse que mépris, on va voir ce qu'on va voir…

 

RDV le 14 décembre

à la Maison de l'emploi de Loudéac !

 

Mouvement des Chômeurs et Précaires en Lutte

 

 

Voici le tract distribué aux agents de PE et à la direction :

 

Les salariés de Pôle emploi sont des précaires comme les autres
Martine Mégret est salariée de la Maison de l'emploi dans la ville de Loudéac (22). Avant d'entrer dans le service public de l'emploi, elle a travaillé dans «l'agro», dans les Côtes d'Armor, secteur réputé pour ses conditions de travail pénibles voire insupportables. On imagine qu'elle s'est dit pouvoir trouver dans ce nouvel emploi, à l'ANPE, un lieu stable jusqu'à la retraite. Le nom de «service public» faisant écho à la possibilité d'offrir une entraide à quiconque et non pas à celle de fliquer des employés comme des usagers ou de rechercher la productivité à n'importe quel prix.
Malheureusement pour elles et pour tant d'autres, cette image s'est quelque peu abîmée avec le temps. En lieu et place du poste stable attendu, elle a multiplié les contrats à durée déterminée depuis 7 ans ! En lieu et place d'un poste où l'on fait bénéficier à tous des solidarités de la collectivité et spécialement de ceux qui se trouvent en avoir le plus besoin, elle a vu ANPE et ASSEDIC devenir de plus en plus des outils de flicage pour forcer chacun à accepter de se vendre sur le marché du travail dans n'importe quelles conditions, non sans user d'un odieux chantage aux allocations et devenir de moins en moins un outil de conseil aux chômeurs et précaires.
À la fin, après que la direction de Pôle emploi ait menacé de ne même plus renouveler son CDD comme 1799 autres conseillers, on lui indique avec insistance qu'un petit «boulot alimentaire» dans l'agro-alimentaire ne serait pas si mal et «qu'il va bien falloir penser à une reconversion»… À 57 ans, il ne lui reste que quelques années pour éviter les mirifiques 735 euros du minimum vieillesse. À part les boulots dont personne ne veut à raison, il lui sera quasi impossible de trouver un travail régulier, qui ne soit pas payé au lance-pierre et compléter ainsi ces annuités de cotisations.
Nous ne savons pas comment Martine Mégret se rapporte à l'institution Pôle Emploi, à ses multiples injonctions à gérer le «stock» de chômeurs de la manière la plus rentable, productive et profitable.
Ce que nous constatons pour autant : c'est que le discours de Pôle emploi et du gouvernement L'Oréal présentant les employés de pôle emploi comme des travailleurs modèles, hyper-productif à quoi ils opposent des chômeurs rétifs et suspects par définition ne tient pas. Le cas de Martine illustre une nouvelle fois cette porosité de conditions entre précaires et conseillers à l'emploi que la direction de Pôle emploi s'est employée à dénier. C'est que Pôle emploi est géré comme n'importe quelle entreprise : sous-traitance, pression à la productivité (pour faire disparaître les chômeurs des chiffres), etc.
C'est pourquoi il nous semble politiquement essentiel d'affirmer que les conseillers à l'emploi sont des précaires comme les autres et que Police emploi est une entreprise comme les autres.
Ce que nous savons aussi c'est qu'il est essentiel pour les conseillers à l'emploi en résistance comme pour les collectifs de chômeurs et précaires de construire des solidarités fortes et qu'il faut les rendre visible partout où cela est possible, sans quoi nous nous acheminerons inexorablement vers une dégradation des conditions de vie au travail analogues à celles des anciens services publics du type France Telecom…
Qu'on cesse de fliquer et de culpabiliser ceux qui touchent quelques allocations de misère. Qu'on les laisse vivre. Qu'on s'occupe plutôt de ceux qui s'engraissent de profits sur la précarité et l'exploitation des uns et des autres.
Que le service public de l'emploi soit disposé à véritablement soutenir sans infantilisation ceux qui en font la demande.
Mieux vaut pour la Direction de Police emploi ne pas œuvrer trop rapidemment à un rapprochement entre chômeurs et conseillers en maintenant sa position déraisonnable vis-à-vis de Martine ou en mettant ses menaces de sanction et de plainte à exécution contre les conseillers qui ont légitimement retenu le directeur territorial de Pôle emploi pour lui faire entrendre raison. Les chômeurs et précaires ne manqueraient pas de se solidariser. Allons Nadine, réfléchis-bien !
Un CDI pour Martine immédiatement !
Nous nous lèverons à 4h30 s'il le faut pour soutenir Martine et on sera nombreux !
Nadine Crinière, même pas peur !
Abrogation de l'Offre Raisonnable d'Emploi (ORE) !
Abrogation du Suivi Mensuel Obligatoire !
Un revenu sans condition pour tous au moins égal au SMIC !
Grève des chômeurs !
Le 7 décembre 2010,
Collectif en marche contre l'injustice sociale de Brest, Mouvement des chômeurs et précaires en lutte de Rennes
 

 

Indymedia Nantes, 9 décembre 2010.

 


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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 13:37

Envoyé par une militante du collectif le Laboratoireen direct d'allemagne ce post qui dénonce VEOLIA trouvé ici

Berlin, la privatisation partielle de l’eau de 1999 a été accompagnée de clauses confidentielles garantissant un profit fixe au conglomérat énergétique allemand RWE et au groupe français Veolia. Résultat, les Berlinois paient leur eau chaque année 84 millions d'euros de trop. C’est ce qui ressort des contrats secrets rendus publics le samedi 30 octobre par le quotidien berlinois Die tageszeitung

Selon la coalition SPD-CDU de l'époque, la privatisation devait faire de la compagnie des eaux jugée bureaucratique un exemple d’efficacité. Elmar Pieroth, député chrétien-démocrate (CDU) à la chambre de Berlin, considérait la vente comme le vecteur d'une diversification de l’entreprise qui la mènerait à embaucher et, à terme, à réduire les tarifs pour les utilisateurs. Un argumentaire repris par Klaus Böger des sociaux-démocrates (SPD) et qui ne pouvaient que séduire dans une ville au chômage important (15,9% en 1999, 13,2% aujourd’hui) en comparaison à l'ensemble de l’Allemagne (7,2%).

(Photo : entropiK / Flickr)


Les promesses de l’époque ne furent pas tenues. L’entreprise s’est débarrassée de ces activités déficitaires pour rester exclusivement active dans le domaine des eaux tout en réduisant ses effectifs de 6.265 employés en 1999 à 5.283 en 2010. Des mesures salariales qui ne se sont pas traduites par des baisses de prix. Au contraire, le prix du m³ est passé de 1,88 euros en 1999 à 2,32 euros en 2010, soit une augmentation d'environ 25%.

Le land de Berlin lésé
En obtenant 49,9% des parts de l’entreprise pour 3,3 milliards de marks (environ 1,7 milliard d’euros), RWE et Veolia signèrent un contrat leur garantissant un profit fixe. En conséquence, les gains ne furent pas équitablement garantis entre public et privé. Pour atteindre le taux assuré au privé, la part des bénéfices destinée au public fut réduite. Le Land n’en aurait touché que 35% depuis 1999 alors qu’il possède 50,1% des parts.

L'accès aux contrats a été rendue possible par une nouvelle plate forme lancée en septembre par la tageszeitung. Comparable à Wikileaks, elle garantit l’anonymat à toute personne en possession de documents sensibles désireuse de les communiquer à la presse.

La publication des contrats secrets, dont l’existence était déjà connue, faisait l’objet d’une procédure de referendum d’initiative populaire soutenue par le “Berliner Wassertisch” et 280.000 Berlinois. 170.000 signatures sont nécessaires pour que le Land organise un référendum. Le gouvernement actuel du Land de Berlin, une coalition gauche et extrême-gauche (SPD-die Linke), aurait pris en considération un rachat complet de l’entreprise.

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 13:18

Aujourd'hui le dauphiné libéré publie un grand article  de la Croix Rouge, organisation bien connu pour son travail malsain dans les centres de rétention d'Europe. Précédament il y avait la CIMADE organisation qui aidait véritablement  les enfermé-e-s des centres de rétention. C'est pour celà pour combattre la campagne publicitaire de la croix rouge, nous donnons un lin vers un site qui fait des journaux semestriel et un travai de terrain auprès des  SDF.

Bienvenue sur le site du collectif ici Les Morts de la Rue

Nous avons pour objectifs : Faire savoir que beaucoup de personnes qui vivent ou ont vécu à la rue en meurent.

Mettre en œuvre et développer les moyens et actions nécessaires :

  • pour la recherche, la réflexion et la dénonciation des causes souvent violentes des morts de la rue ;
  • pour des funérailles dignes de la personne humaine ;
  • pour l’accompagnement des personnes en deuil, sans distinction sociale, raciale, politique ni religieuse.
Depuis 1998, nous avons appris les décès de 2050 personnes de la rue.
 
Age moyen de ces décès : 47,6 ans.

Espérance de vie nationale : 80 ans.

Depuis janvier 2003, nous avons accompagné 1573 Morts isolés jusqu’au cimetière parisien de Thiais.

Aucune personne de la rue ne doit être oubliée une deuxième fois, dans sa mort.

Appel à l'opinion pour interpeller vos élus


Comme tous les six mois à l’entrée de l’hiver, nous célébrons la mémoire des 158 morts dans la rue depuis l’été dernier. Ce week-end Francis est décédé seul, dans le Bois de Vincennes, dernier refuge et ultime demeure. Il survivait là, le long des périphériques, dans ces zones inhabitables qui deviennent le mouroir des SDF. Combien d’autres sont condamnés à cette même errance qui s’achève par la mort ?

Depuis le début de l’année 2008, le collectif a dénombré plus de 265 personnes mortes dans la rue, dans des voitures, dans des cabanons, dans des conditions indignes d’un pays comme la France. Nous pouvons ajouter également les personnes qui se sont défénestrées, se suicidant pour éviter une expulsion, pour fuir la misère.

Cette année, à l’aube d’une crise dont on ne mesure pas encore les dramatiques conséquences sociales, le collectif rejoint les autres associations qui lancent un cri d’alerte : malgré quelques promesses et d’insuffisants progrès, le scandale de la mort causée par la rue persiste et s’amplifie. A terme, nous demandons aux pouvoirs publics la définition rapide d’une véritable politique nationale de la grande pauvreté qui n’existe pas. Elle s’inscrirait dans une politique du logement social, mais joindrait deux exigences indissociables, logement adapté et accompagnement. Car l’expérience des associations démontre que rien ne se fera sans les deux.

Mais dans l’immédiat, nous souhaitons la mise en œuvre, au plus vite, d’un véritable plan d’urgence permettant l’hébergement, l’accueil et le dialogue avec la personne en situation de détresse sociale.

Plus de 100 000 personnes vivent à la rue, plus de 600 000 vivent dans des conditions de logement difficiles. La crise, la récession et le chômage accentuent les précarités. Chacun d’entre nous est désormais concerné. Les menaces n’épargnent plus ceux qui se pensaient pourtant à l’abri de la précarité.

A quelques jours de la célébration du soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, il convient d’affirmer que les valeurs de la démocratie sont en cause lorsqu’elle ne parvient plus à maintenir le lien social en assurant la dignité, la sécurité et la justice pour l’ensemble des citoyens.

Ceux qui meurent dans la rue, sous le regard indifférent d’une société qui se détourne de ses obligations morales, en appellent à de nouvelles formes de solidarités. Faute d’initiatives immédiates et de réponses adaptées, notre société se rendrait complice de leur mort par abandon.

Nous attendons un signal fort, une mobilisation à la hauteur des enjeux, la mise en œuvre d’une politique enfin soucieuse des principes d’égalité et de fraternité.

Collectif les Morts de la rue

PDF - 87.9 ko
Appel à nos gouvernants et élus (du 26 novembre 2008) version PDF

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 17:11

Soirée de solidarité avec les anarchistes emprisonnés en Biélorussie

Dimanche 12 décembre 2010 à 18:00
Au 56 (rue du Docteur Hermite, Grenoble)

 

SOLIDARITÉ INTERNATIONALE AVEC LES ANARCHISTES EN RUSSIE ET EN BIÉLORUSSIE

 

Pour avoir déjà quelques informations, un appel à des journées d’action de solidarité a été publié sur Indymedia-Grenoble.

 

Il est également possible de lire ce court texte publié il y a trois mois par la Fédération anarchiste, même si depuis, la situation a quelque peu évolué (plusieurs prisonnier-e-s ayant été libéré-e-s).

 

Nous profiterons de la soirée pour récapituler les événements qui se sont déroulés depuis cet été et présenter l’appel à solidarité lancé depuis la Biélorussie.

 

Nous montrerons également quelques vidéos permettant de se faire une idée un peu plus précise des luttes anarchistes et antifascistes en Russie et en Biélorussie.

 

DIMANCHE 12 DÉCEMBRE 2010, À 18h
PRÉSENTATION + VIDÉOS + DISCUSSION
AU 56, 56 RUE DU DOCTEUR HERMITE, GRENOBLE
(TRAM/BUS VALLIER-CATANE OU VALLIER-DR CALMETTE)

 

Vous pouvez écrire des messages de soutien aux prisonniers en écrivant, en russe ou en anglais, à :

— 222160 Biélorussie
Zhodino, Minskaya oblast,
ul.Sovetskaya, 22-a, tiurma N8,
Mikalaj Dziadok
220050 Biélorussie
Minsk, ul. Volodarskogo 2,
SIZO-1, room 46,
Aliaksandar Frantskievich
 
ou en envoyant un mail.

 

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 08:54

L’Envolée
43 rue de Stalingrad
93100 Montreuil

 

A Paris, le 16 novembre 2010

A l’intention de Madame la directrice de la maison d’arrêt des femmes de Fresnes

 
 

 

Nous venons, par la présente, retenir votre attention sur des faits qui se sont produits ce mardi 16 novembre lors d’une fin de promenade à la MAF de Fresnes.

Nous avons été prévenus que deux détenues, Mlle S et Mlle C, ont été placées brutalement au quartier disciplinaire pour des motifs qui semblent totalement disproportionnés.

Les femmes de religion musulmane ont droit, comme pour toute autre religion, à la liberté de culte.

C’était, le 16 novembre, la fête de l’Aïd el-Kebir, une des fêtes les plus importantes de l’Islam. Les prisonnières de la MAF de Fresnes concernées vous avaient adressé une demande écrite afin de pouvoir bénéficier d’une part de la présence d’une aumonière, et d’autre part de pouvoir se recueillir ensemble dans le calme inhérent à ce moment de prière.

Rappelons que la dernière demande en date avait été faite à l’occasion du Ramadan à votre prédécesseur, qui y avait répondu favorablement, en toute logique, néanmoins contre l’avis du Capitaine L.

Bien évidemment, aucun écart disciplinaire n’avait été noté.

Cette fois-ci, vous avez donné pouvoir à ce même Capitaine L : il a opposé un refus à nos yeux parfaitement arbitraire face à une demande plus que légitime.

Face à ce refus, trois prisonnières ont cherché à vous rencontrer, sans succès : il ne leur restait plus alors comme moyen que de refuser de remonter de promenade pour obtenir un rendez-vous avec vous.

La réponse a été d’un autre ordre : vous avez fait intervenir immédiatement les ERIS qui, avec l’aide de gradés, ont immobilisé violemment ces trois jeunes femmes qui n’opposaient aucune résistance, et qui n’avaient fait que manifester pacifiquement leur désarroi face à un refus pur et simple de communication de votre part.

Des témoins oculaires nous ont contactés pour décrire la violence des faits : les jeunes femmes ont été mises à terre, menottées dans le dos, soulevées de terre, puis trainées jusqu’au quartier disciplinaire sans aucune prévention.

Comment se fait-il que vous ayez choisi ce type de réponse plutôt qu’un dialogue serein qui vous était demandé. Comment voulez-vous que les prisonnières ne soient pas, par ce genre de comportements, acculés à des réactions haineuses quand elles ne sont pas désespérées.

Nous vous demandons bien évidemment que Mlle S. et Mlle C. sortent du quartier disciplinaire, purement et simplement, sans passage au prétoire.

Nous adressons dans un premier temps une copie de ce courrier à la direction régionale, à M. Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté, à l’Observatoire international des prisons, au conseil de Mlle C.

En espérant que tout ça se règle au plus vite, nous vous adressons, madame, l’expression de nos respects.

 
 

Pour l’Envolée,

Mlle Le Dû Denise

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 08:32

La conférence qui va  avoir lieu jeudi 9 décembre à la médiathéque de Valence donne l'occasion pour les libertaires

de mettre les points sur l, damener une opinion longtemps absente à Valence, un point de vue libertaire.

 

En ces temps malsains où l’on conjugue identité nationale avec stigmatisation des populations issues de l’immigration, sans doute n’est-il pas inutile de revenir quelques décennies en arrière aux années terribles de la sale guerre d’Algérie, alors que se construisait en France cet odieux racisme anti-maghrébin, encore bien vivace, toujours présent dans certaines couches de la population, notamment au sein des « forces de l’ordre » qui continuent à bénéficier aujourd’hui comme hier de la protection bienveillante de la hiérarchie et de la clémente compréhension de la justice en cas de bavure...

 

Des citoyens de seconde classe

La loi française n’accordait alors aux français de souche nord-africaine (F.S.N.A., en jargon administratif) qu’une citoyenneté de seconde classe ; la guerre viendra inscrire en lettres de feu et de sang cette discrimination institutionnelle. Pendant ces huit années (1954 - 1962) l’Algérie sera livrée à l’arbitraire de la soldatesque, à la violence déchaînée des soudards. L’idéologie qui anime alors l’armée, les administrations et les colons dans leur majorité est fondamentalement raciste. Après la cessation des hostilités, rentrent en France plus d’un million de rapatriés (les anciens colons), des dizaines de milliers de soldats de carrière qui colportèrent avec eux une image très négative de ceux qu’ils ont combattus. Chez les trois millions d’appelés qui ont effectué leur service militaire en Algérie, certains ont été contaminés durablement par le virus de la haine raciale. Étant donné l’importance du nombre de personnes qui a été infecté par la maladie, l’épidémie ne peut que se propager.

A la fin de la seconde guerre mondiale, la victoire sur le nazisme et le retour des « libertés » (du moins en Europe) suscitent chez les colonisés de grandes attentes. Plus de 250 000 jeunes Algériens (ainsi que des milliers de Marocains et de Tunisiens) ont participé aux divers combats de la reconquête du « territoire national » : évidemment placés en première ligne, ils ont payé un lourd tribut et sont en droit d’attendre de « la mère patrie » une « reconnaissance », un « geste libérateur ». Citoyens de seconde zone pour l’administration française, ils n’ont pas les mêmes droits que leurs exploiteurs, les colons ; ils ont par contre les mêmes devoirs : mourir pour la patrie.

Les massacres de Sétif et Guelma

Lors de la célébration de l’armistice du 8 mars 45, à Sétif et Guelma, des manifestations pro-indépendantistes tournent à l’émeute, une centaine de colons est tuée. Immédiatement [1] une répression épouvantable frappe les populations de la région : il y aura au moins 20 000 morts. Police, gendarmerie, armée et milice de colons massacrent avec une férocité incroyable. Ainsi, ce jour de paix et d’armistice du 8 mai 1945 reste à jamais pour les populations algériennes un souvenir sanglant. En Europe une guerre se termine, en Afrique du Nord se prépare un autre conflit (il n’éclatera que le 1er novembre 1954 mais dès le 8 mai 45 les dés sont jetés). Un demi siècle plus tard, les conséquences de ce conflit sont encore infiniment présentes : le racisme, fruit pourri de la guerre et du colonialisme a infecté durablement une bonne partie de la population française, tandis que l’échec de la « révolution algérienne » (remplacement de la caste coloniale par une élite de privilégiés algériens) jetait une part importante de la population, déçue, dans les bras du fondamentalisme religieux (et dans une nouvelle guerre civile). Des deux cotés de la Méditerranée, les suites du conflit pèsent encore lourdement.

Une guerre qui aurait pu ne pas avoir lieu

Pourtant, cette guerre d’Algérie aurait pu ne pas avoir lieu, tellement au départ, dans les années 55, 56 elle semblait impopulaire en métropole. Jamais les appelés n’ont autant rué dans les brancards. Cette fois-ci personne ne vocifère « A Alger, à Alger ! » comme les grand-pères avaient pu le faire en 14 en criant « A Berlin, à Berlin ! ». L’enthousiasme patriotique n’est pas du tout au rendez-vous et les militants de l’époque ont pu espérer un moment que ce coup-ci on pourrait compter sur des désertions massives. Elles n’auront pas lieu hélas, mais les autorités militaires et civiles devront faire face à un nombre très conséquent d’insubordinations collectives et spontanées, avec soutien de la population.

Les « appelés » sont souvent en fait des « rappelés », ils ont déjà fait leur 18 mois de service militaire, ils ont déjà donné et n’ont pas du tout envie de remettre ça. Ils ont souvent déjà un boulot (pas de chômage des jeunes à l’époque) parfois des crédits, ils vivent en couple et voient d’un coup toute leur vie basculer. Ils ne comprennent pas du tout pourquoi ils iraient risquer leur peau pour défendre les colons d’Algérie.

La première manifestation a lieu le 11 septembre 1955 à la gare de Lyon. 600 appelés qui doivent rejoindre le Maroc (également en insurrection, comme l’Algérie), refusent de monter dans le train ; ils scandent « Le Maroc aux Marocains ! » et ignorent complètement les injonctions des officiers qui s’époumonent, s’égosillent en hurlant des ordres le long des quais. Ils seront ramenés dans leur casernement par la police et la gendarmerie et acheminés par avion au Maroc où la police militaire les attend avec impatience.

Trois jours d’affrontements à Rouen

A Rouen, le 7 octobre 55, les appelés du 406ème Régiment refusent de quitter la caserne ; la population avertie de l’insubordination des appelés arrive en renfort autour de celle-ci. Les gardes mobiles interviennent. Les affrontements sont violents et durent près de trois jours. Tout au long des années 55-56 des manifestations souvent violentes vont éclater au moment du départ des jeunes pour l’Algérie. Des wagons sont décrochés voire incendiés, des aiguillages sont mis hors service. La population des villes fait cause commune avec les « jeunes mutins », qui sont souvent accompagnés à la gare par leurs compagnes, leurs parents, leurs amis, leurs voisins. A Lésignan, Grenoble, St Nazaire, des incidents similaires se produisent, toujours avec l’appui de la population. Certains trains, pour effectuer la descente vers Marseille, port d’embarquement, mettent un temps infini : les jeunes tirent sans arrêt le signal d’alarme, descendent aux arrêts et refusent de remonter dans le train. Les autorités militaires et civiles, débordées par la contestation, décident de regrouper les appelés loin des centres villes, pour éviter la contagion.

Mutinerie au camp de Mourmelon

Au camp militaire de Mourmelon (célèbre par la suite pour son adjudant Chanal et ses « disparus  », de jeunes appelés violés et assassinés sans que cela n’émeuve la hiérarchie militaire) en juillet 56, 2 000 rappelés se révoltent et prennent le contrôle du camp. Ils foutent le général Zeller à poil et malgré l’encerclement du camp par les CRS affrètent des autocars et rentrent paisiblement chez eux. L’autorité militaire devra lancer des appels par radio pour récupérer tous ces gars, en les menaçant du pire s’ils ne se rendent pas. Bafouée et ridiculisée en métropole, l’autorité militaire se vengera en Algérie en expédiant les meneurs et les fortes têtes dans les unités disciplinaires... où ils seront livrés au sadisme des officiers et sous-officiers parachutistes.

L’exploitation habile de l’embuscade de Palestro (Algérie) - qui fait 18 morts, tous des appelés - par la propagande gouvernementale va mettre un terme à ces insubordinations collectives de jeunes soldats. Comme d’habitude, l’appel à l’union sacrée, à serrer les rangs « derrière les victimes » va fonctionner.

Les socialistes au pouvoir, les communistes complices

L’ampleur et la détermination de ces « petites mutineries » auraient pu déboucher sur un arrêt de la guerre si une grève générale avait été déclenchée, ou tout au moins une grève des cheminots et des dockers [2], puisque tous les renforts transitent par voie ferrée jusqu’à Marseille et de là partent en bateau pour Alger. Beaucoup de jeunes (de l’époque) estiment avoir été lâchés par le mouvement ouvrier, la gauche.

Mais bon dieu, que fait, justement, la gauche ? Son sale boulot, comme d’habitude, bien sûr ! A l’époque, elle gouverne : Guy Mollet de la SFIO [3], succède à Pierre Mendes-France, autre homme de gauche. Un certain François Mitterand, tour à tour Ministre de la justice puis Ministre de l’intérieur (de la police donc), n’a pas peur de déclarer « L’Algérie c’est la France... des Flandres au Congo, partout la loi s’impose et cette loi, c’est la loi française ». Ce gouvernement socialiste sait déjà pertinemment que la torture est employée à grande échelle, mais il continue à couvrir les exactions sans état d’âme. Pour ces socialistes toujours prompts à brandir leur participation à la résistance contre la nazisme, la bouche pleine de vertus républicaines et d’humanisme, le colonialisme n’a rien de monstrueux et il convient de rétablir l’ordre coûte que coûte.

Les communistes (25 % de l’électorat) soutiennent le « Front républicain » (radicaux et socialistes) qui a été élu pour trouver une issue pacifique à la crise algérienne. Au lieu de soutenir l’action directe et spontanée des appelés contre la guerre, les staliniens [4] jouent la carte Guy Mollet - Mitterand. Ceux-ci se ravisent sous la pression des ultras et se lancent à fond dans la guerre : ils demandent les pouvoirs spéciaux. Les élus communistes votent pour. Dans le même temps, ils créent des « comités pour la paix » ; c’est la logique stalinienne qui obéit à de règles bien spécifiques, dont la secrète articulation ne se dévoile aux yeux du néophyte qu’après de longues études de dialectique.

Les communistes n’appelleront jamais bien sûr ni à l’insoumission ni à la désertion, suivant en cela les commandements sacrés de Lénine : « Un communiste participe même aux guerres réactionnaires, car sous l’uniforme il reste un communiste ».

De 1954 à 58 (avant que De Gaulle ne reprenne le pouvoir), la gauche gouvernementale va porter l’entière responsabilité de cette guerre et donc de la torture érigée en système contre-insurrectionnel ; comme d’habitude, la gauche sert au mieux les intérêts de la classe dominante et des coloniaux. Les staliniens, très soucieux de prouver leur patriotisme, leur sens des responsabilités, leur respectabilité, laissent les jeunes partir à la guerre sans déclencher de grève générale.

De la haine, des tortures, des « zones interdites »

L’armée française (ses chefs et ses officiers notamment) a été ulcérée par la défaite de Dien Bien Phû (Vietnam) : le 7 mai 1954, le Viet Minh les a battus à plate couture. Cette défaite, ils l’ont en travers de la gorge et c’est avec un désir de revanche féroce qu’ils abordent le conflit algérien. Ils emploieront tous les moyens pour, cette fois, remporter la victoire. Dès le 13 janvier 55 l’écrivain catholique François Mauriac dénonçait l’usage de la torture. Jamais sans doute le recours à la torture n’aura été aussi systématisé qu’en Algérie, et, au cours de ces huit années de guerre son usage ira en s’amplifiant. L’insurrection s’étend cependant à travers tout le pays au moins jusqu’en 57.

Pour contrer les insurgés l’état-major va quadriller le pays, les villes. Le principe de responsabilité collective est instauré : les embuscades ou attentats anti-français perpétrés dans les abords d’un village rendent tous les habitants complices. Pour contrôler et assécher « les solidarités », l’armée va se lancer dans des opérations de « regroupement de population » : les villages sont évacués, puis détruits, les zonez vidées de tout habitant sont déclarées « zone interdite », toute personne s’y trouvant est considérée comme rebelle (20 % de la population sera ainsi regroupée dans des camps d’internement où l’on manque de tout). Pour empêcher les infiltrations de « rebelles » qui ont des bases-arrières au Maroc et en Tunisie, l’armée déploie des champs de mines et de barbelés aux frontières. L’Algérie devient ainsi en quelques années un vaste camp d’internement, sillonné par des unités de soldats qui se permettent tout ce que l’on est en droit d’attendre de pire d’une armée d’occupation : vols, saccages, incendies, viols et meurtres, avec au centre de ce système de terreur, comme clef de voute de cet édifice répressif, la torture, partout présente pour extorquer des renseignements, mais aussi pour terroriser, briser les résistances. Un monde de cauchemar

C’est avec effarement que les jeunes appelés découvrent ce monde de cauchemar, quelques uns déserteront (trop peu), la plupart opteront pour une attitude indocile et peu enthousiaste, un certain nombre se laissera entraîner à l’ivresse de la tuerie et aux sombres plaisirs de « faire souffrir ». Ceux-là ramèneront dans leur paquetage la haine et le mépris, la violence et l’irrespect le plus total pour les « Arabes ». Ils regretteront le bon vieux temps où l’on pouvait assassiner en toute impunité avec la bénédiction du gouvernement (de gauche jusqu’en 1958, de droite ensuite jusqu’en 1962), ils dissémineront partout où ils passeront leurs propos racistes et venimeux.

En France métropolitaine, la communauté maghrébine a droit également à des attentions spéciales de la part des autorités. 450 000 travailleurs algériens sont présents sur le sol français dans ces années là : la France manquait de bras pour faire tourner ses usines (chimie, automobile...), pour extraire le charbon, pour reconstruire les villes détruites par la guerre. Tous ces ouvriers immigrés ont un contrat de travail et travaillent tous durement. «  Bêtement  », l’État a pensé à leur « fournir » du travail, mais par contre, il a oublié le logement : à eux de se « débrouiller », ce sera la « solution bidonville », c’est-à-dire l’inconfort, le froid, le manque d’hygiène. Les voilà donc marginalisés par le manque de logement. Avec le conflit en Algérie, ils vont passer du statut de marginaux à celui de suspects.

Le FLN [5] est présent en métropole aussi parmi ces travailleurs, il y collecte notamment une sorte « d’impôt révolutionnaire » pour alimenter ses caisses (pour les achats d’armement entre autres).

Marginalisés par le manque de logement, suspects de sympathie avec la cause indépendantiste, les travailleurs algériens de métropole vont continuer à être discriminés par le pouvoir : le couvre-feu est décrété pour les citoyens originaires d’Afrique du Nord. Dès le début de la soirée, les travailleurs pris dans la rue sont donc en infraction et susceptibles d’être embarqués au commissariat le plus proche où, comme on l’imagine, le meilleur accueil leur est réservé [6].

En discriminant aussi ostensiblement les travailleurs maghrébins, les gouvernements successifs de ces années-là ont contribué fortement à répandre dans une partie non négligeable de la population des attitudes méfiantes et racistes.

La République française organise un massacre en plein Paris

Le 17 octobre 1961, la police massacre à Paris plus de 300 Algériens qui manifestaient pacifiquement [7] pour la levée du couvre-feu. La haine et la violence qui animent les flics [8] sont incroyables. Cette tuerie terrible n’entraîne aucune réaction et les assassins ne seront jamais poursuivis.

A partir de l’été 1956, au moment où la révolte spontanée des jeunes appelés se tarit, faute d’avoir été suffisamment soutenue par la classe ouvrière, un petit nombre d’intellectuels, de syndicalistes, de dissidents communistes, de trotskistes et quelques curés vont franchir le pas et aider directement les nationalistes algériens. Une fraction libertaire, celle de la FCL, (Fédération communiste libertaire) de Fontenis et Guérin les avait précédé dans cette voie, mais leur action s’arrêta rapidement sous les coups de la répression.

Ces militants coordonnent bientôt leurs efforts au sein du réseau de Colette et Francis Janson et se chargeront surtout du transport de l’argent collecté par le FLN : ce seront les « porteurs de valise ». Ils croiseront les libertaires du réseau d’André Bösiger - un ami de toujours de l’AIT - et des Jeunes résistants convoient les insoumis français et algériens vers la Suisse.

Ces militants voient dans l’émergence des luttes de libération nationale une nouvelle étape de la révolution mondiale : dans leur esprit, les colonisés reprenant le flambeau révolutionnaire des mains d’un prolétariat désormais essoufflé. Profondément écœurés par l’attitude de la gauche et largement déçu par l’attentisme du PC qui laisse partir les jeunes à la guerre tout en criant « Paix en Algérie », ces gens vont prendre des risques.

Traqués par la DST [9] pour intelligence avec l’ennemi, certains seront arrêtés, connaîtront la prison, s’évaderont (un groupe de femmes notamment réussira une évasion spectaculaire de la prison parisienne de la Petite Roquette) et trouveront refuge en Algérie. C’est l’époque des « pieds rouges » (militants d’extrême gauche, partis en Algérie pour aider les débuts de ce qu’ils pensaient être une révolution socialiste, appelés ainsi par opposition aux pieds-noirs, les colons d’Algérie) qui se révélera si pleine de désillusions : certains connaîtront de nouveau la prison et les interrogatoires, cette fois-ci infligés par la toute nouvelle police algérienne issue du FLN. Les régimes passent, la police reste.

Les luttes de libération nationale ont certes permis l’éviction des castes coloniales, ont renversé un système d’apartheid, mais c’est une autre clique tout aussi autoritaire (mais locale) qui a pris la place des anciennes élites.

De 1962 à nos jours, la discrimination à l’encontre des immigrés va rester une constante de la politique intérieure française ; elle s’inscrit dans une continuité que ni les politiciens de droite ni ceux de gauche ne chercheront à rompre [10]. La récente campagne identitaire participe de cette tradition : il est toujours utile d’avoir sous la main une frange de la population que l’on peut désigner comme étant à l’origine de tous les maux, un « ennemi intérieur » en quelque sorte, dont le rôle a été tenu successivement par les « rouges », les « juifs » et plus récemment par les « arabes ».

Les seuls ennemis que nous ayons sur cette terre, ce sont les exploiteurs quelque soit leur nationalité. Les exploités eux n’ont aucune patrie. Les identités nationales sont forgées de toute pièce par nos bons maîtres qui savent bien que les guerres et les haines servent au mieux leurs intérêts. Leur règne ne repose que sur les divisions qu’ils suscitent.

Notre patrie, c’est le monde. Notre famille, c’est l’humanité.

A bas toutes les armées. A bas toutes les frontières.

Garga

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Survol du mouvement anarchiste en Algérie

Lors de la période d’occupation coloniale, il y a toujours eu des groupes activistes anarchistes en Algérie. Louise Michel y effectua d’ailleurs sa dernière tournée de conférence, pour y dénoncer l’exploitation capitaliste et le colonialisme barbare.

Ces groupes ont toujours été à l’initiative de militants d’origine européenne. La plupart n’ étaient d’ailleurs pas français, espagnols ( à Oran) ou encore italiens ou portugais, fuyant la misère et la répression policière contre les révolutionnaires. Toutefois ce qui caractérise ces groupes c’est leur cosmopolitisme et leur recherche constante de liens avec les prolétaires maghrébins. La section algérienne de la C.G.T.S.R., ancêtre de la CNT-AIT ans les années 30, organisait ensembles travailleurs européens et maghrébins. Sail Mohamed, le plus connu d’entre eux, était d’ailleurs le responsable du Groupe Internationale de la Colonne Durutti de la CNT -AIT, poste hautement symbolique quand on sait les tirades anti-moros du gouvernement républicain espagnol ...

On peut aussi citer la mémoire de Marguerite Aspès , qui n’hésita pas à sortir un pistolet à des policiers trop zélés à faire la chasse aux "agitateurs" (comme on nommait les anarcho-autonomes à l’époque) dans les locaux de la CGT-SR à la Bourse du Travail d’Alger.

La seconde guerre mondiale vit là aussi l’effondrement du mouvement anarchiste. Toutefois à la Libération, une reprise se fit avec de nouveaux militants. Depuis 1950, les communistes libertaires en Algérie, qui vont devenir la FCL, et la CNT-AIT comptent six à huit groupes libertaires et fondent le MLNA (Mouvement libertaire nord-africain). Le MLNA regroupe des militants de toute origine, juifs, magrébins, pieds noirs, ou encore espagnols de la seconde génération, comme Martin, Doukhan, Mohamed Saïl, Idir Amazit ou encore Léandre Valéro. Ce dernier appuyera d’ailleurs le renouveau de la CNT-AIT dans l’Yonne à la fin des années 90.

Dès novembre 54, le MLNA apporte sur place un appui moral et matériel aux « rebelles », essentiellement ceux du MNA avec qui ils ont des liens de longue date. Avec l’évolution du conflit, la pression policière française et des fascistes de l’OAS d’une part, et le FLN qui impose son hégémonie à coup d’assassinats politiques d’autre part, les derniers compagnons du MLNA se voient contraints les uns après les autres de se replier en France, où ils continueront cependant la lutte, certains dans la clandestinité.

Depuis, il n’y a plus de mouvement anarchiste organisé en tant que tel, même si les explosions sociales - notamment celle de 2001 - ont parfois des tonalités libertaires. Restent quelques individualités qui témoignent de sympathie anarchiste, même s’il est souvent difficile de les exprimer ouvertement sur place.

Bibliographie pour ceux qui veulent en savoir plus :

« Les porteurs de valise » de Hamon et Rotman, Albin Michel.
« La guerre d’Algérie » de Mohamed Harbi et Benjamin Stora, Robert Laffont.

« Des Français contre la terreur d’Etat » sous la direction de Sidi Mohammed Barkat, Réflex.

« Les égorgeurs » de Benoît Rey, Le Monde Libertaire.

Hélène Bracco, Pour avoir dit non : actes de refus dans la guerre d’Algérie, 1954-1962, Paris-Méditerranée, 2003, 336 p., 22 euros.

Sylvain Boulouque, Les Anarchistes français face aux guerres coloniales, 1945-1962, préface de Benjamin Stora, Atelier de création libertaire, 2003, 124 p., 11,50 euros.

En DVD :

« La guerre d’Algérie » de Yves Courrière, J.-Philippe Monnier.
« Une résistance oubliée : des libertaires contre la guerre d’Algérie », Daniel Goude, Claude Lenormand
"Comme un seul homme : les réfractaires non violents face à la Guerre d’Algérie", film écrit et réalisé par François CHOUQUET plus d’info Sur le Net :

Refractaires non-violents à la guerre d’Algérie


[1] Le Comité Central du Parti communiste français déclare alors, avec cette pertinence et ce sens de l’a-propos qu’on lui connaît : « Il faut châtier impitoyablement les instigateurs de la révolte et les hommes de main qui ont dirigé l’émeute. »

[2] Syndiqués pratiquement à 100 % à la CGT, à l’époque étroitement tenue en tutelle par la PCF. Beaucoup de cheminots et de dockers sont directement membres du Parti communistes (dont ils assure le service d’ordre très musclé).

[3] « Section française de l’internationale ouvrière » !!! C ’est tellement cocasse qu’il faut le rappeler à ceux qui l’auraient oublié. Une très petite minorité de militants et de responsables SFIO, tels le maire de Toulouse de l’époque Badiou, aura le courage de s’opposer à cette politique criminelle.

[4] A l’époque, le Parti communiste, non seulement ne cachait pas son allégeance à Staline, mais faisait des démonstrations publiques d’hommage au sanglant dictateur.

[5] Une lutte fratricide éclatera entre le MNA (Mouvement national Algérien - Ex PPA.MJLD) de Messali Hadj, le leader-fondateur du nationalisme algérien et le FLN (sa jeune garde qui a scissionné et opté pour la lutte armée). Cette guerre civile dans la guerre fera des centaines de morts et c’est finalement le FLN qui l’emportera.

[6] La torture est pratiquée sur le sol métropolitain, notamment à Paris au siège de la DST, rue de Saussaire et dans un certain nombre de commissariats parisiens.

[7] Le jour de la manifestation, quand le cortège passe sous les fenêtres de l’immeuble du PCF, place du Colonel Fabien, les volets se ferment.

[8] Leur supérieur direct s’appelle Maurice Papon, préfet, ministre et, antérieurement ... collaborateur notoire des nazis (il fut finalement condamné tout à la fin de sa vie pour des déportations massives d’israélites).

[9] DST = Direction de la Surveillance du Territoire, service de police secrète chargé du contre-espionnage ; vient de fusionner avec les Renseignements généraux dans la DCRI, direction centrale du renseignement intérieur.

[10] Se souvenir des « sauvageons » de Chevènement, du « bruit et l’odeur » de Chirac, du « seuil de tolérance » de Mitterand, du « karcher » de Sarkosy.

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 08:23

On vous transmets ce

message d'un ex sympatisant du Laboratoire:

 Bonjour,

Il y a quelques jours, les commerçants valentinois du centre-ville donnaient une lettre à la mairie, signées de 91 d'entre eux, fustigeant la présence des sdf dans les rue de Valence. Des propos à la limite du fascisant étaient tenus à la journaliste du Dauphiné (qui n'est pour rien là dedant !) ... Le maire (voir Dauph de mardi 7) organise une réunion jeudi prochain (le 9) à 18:30, au parc des expos. Je compte y faire un saut, pour voir. Pour info, l'article, édifiant, est paru dans le Dauph le vendredi 26 novembre. Je pense qu'une présence des forces progressistes et humaniste, ne serait-ce qu'en observateurs, serait bienvenue ...

Bien cordialement.

 

 

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 08:17
lu sur le blog juralibertaire:
 Comme en Angleterre, en Italie beaucoup de facultés sont occupées et il y a des actions tous les jours. La tour de Pise a été occupée, comme plusieurs gares dans tout le pays, autoroutes et même des aéroports… 
La révolte est partout.
Première de la Scala : des échauffourées et une protestation de Barenboïm


L'ouverture de la saison de la Scala à Milan (nord) a été marquée mardi par des échauffourées entre la police et des étudiants qui manifestaient contre les coupes budgétaires du gouvernement, et par une protestation du chef d'orchestre Daniel Barenboïm avant la Première, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Avant l'hymne national et avant de diriger La Walkyrie de Wagner dans le célèbre théâtre milanais, le maestro s'est adressé au président italien Giorgio Napolitano, invité d'honneur, en se disant «très préoccupé pour l'avenir de la culture en Italie et en Europe».
Il a dit s'exprimer «au nom de tous les collègues qui chantent, dansent, travaillent non seulement ici mais dans tous les théâtres italiens».
Le maestro israélo-argentin a ensuite lu solennellement l'article 9 de la Constitution italienne, selon lequel «la République promeut le développement de la culture et la recherche scientifique et technique, protège le paysage et le patrimoine historique et artistique de la nation».
Auparavant, des escarmouches ont opposé les forces de l'ordre à une centaine d'étudiants peu après leur arrivée devant le théâtre pour participer à une manifestation de gens du spectacle et d'autres catégories contre la cure d'austérité imposée par la majorité de centre droit de Silvio Berlusconi.
Les manifestants, dont beaucoup coiffés d'un bonnet de père Noël, d'autres équipés de casques, ont tenté de franchir en lançant des pétards le strict cordon de sécurité établi tout autour de la place de la Scala avec des barrières métalliques. Les policiers en tenue anti-émeute les ont repoussés violemment en les frappant avec leurs matraques et en lançant des grenades lacrymogènes.
Un policier et un carabinier ont été blessés et soignés sur place dans une ambulance, selon l'agence Ansa.
«L'État continue à tailler dans les ressources, les coupes touchent tout le monde, de l'éducation au théâtre, c'est une attaque généralisée», a déclaré à l'AFP Roberto D'Ambrosio, membre du syndicat autonome CUB.
La manifestation, à laquelle participaient entre 200 et 300 personnes, regroupait à la fois des gens du monde du spectacle, des étudiants ainsi que des immigrés militant contre une loi qui les prive de leur permis de séjour six mois après la perte d'un emploi.
Sur une des banderoles, on pouvait lire : «La culture fait peur, ni esclaves ni ignorants mais critiques et protagonistes du spectacle de la vie. Luttons unis avec force contre les coupes.»
La saison du théâtre de la Scala est inaugurée ce mardi 7 décembre (jour de la Saint-Ambroise, patron de Milan) avec la Première de La Walkyrie de Wagner, dirigée par Daniel Barenboïm.

Leur presse (Agence Faut Payer), 7 décembre.

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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 10:15

 

 Ce tract a été distribué devant la cérémonie consacrée pour l'arrivée du nouveau durecteur du Pôle emploi de Crest.

Réception à laquelle le sous préfet était présent. Petit four et champagne . les chomeurds heureux ont été soigneusement  extradés du lieu de  débauche capitaliste.

 

L’INSÉCURITÉ SOCIALE, COMBATTONS LA

Nous livrons des pizzas, distribuons des journaux, remplissons les boîtes aux lettres de publicité, faisons la plonge, des colonies de vacances, du soutien scolaire, surveillons des internats, informons les usagers des transports, et télé conseillers, télévendeurs... Et bien d'autres choses encore. Entre temps, nous pointons à Pôle Emploi, à la CAF, au CCAS, à la mission locale; nous cherchons vaille que vaille à suivre un cursus, une formation, une promesse d’échappatoire au «petit boulot alimentaire» qui souvent rythme notre quotidien. Ayant à faire «nos preuves», il est «tout naturel» que nous en venions à travailler gratuitement: stages, évaluation en milieu de travail...
Une multitude de dispositifs sont mis en place pour nous rendre dociles: menaces de suspension des revenus de survie, précarisation des contrats de travail; mais injonction à donner son temps aux exploiteurs et à travailler à son emploiabilité (en se rendant disponible aux innombrables évaluations, entretiens, ateliers de coaching et autres stages bénévoles). En même temps tout cela nous empêche d’user de ce temps pour élaborer des formes politiques – émancipatrices, égalitaires et écologiques – d’organisation du vivre-ensemble.

Pour le capitalisme, le chômage n’est pas un problème, c’est la compétitivité des entreprises qui compte. En trente ans, la productivité des travailleur(se)s de ce pays a été multipliée par cinq, ce qui permet de diminuer le nombre de salarié(e)s et le coût du travail, sans diminuer les profits engrangés. Si ce n’est pas suffisant, les entreprises délocalisent et utilise les TIC1 permet pour la première fois dans l'histoire de l'humanité la fusion entre surveillance et processus de travail. Par exemple , il n'est plus possible de se déplacer librement d'un service , ou d'un étage, le salarié dispose d'un badge qui ne fonctionne par exemple que pour aller à son poste de travail , à la cantine. Tout est fait pour favoriser la lutte de tous contre tous . Peu importe l’augmentation alarmante de la souffrance au travail pour celles et ceux qui ont conservé un emploi, avec perte du pouvoir d’achat, conditions de travail aggravées, angoisse permanente du licenciement par le chantage à la délocalisation en cas de refus du plan de « sauvetage » de l’entreprise. Pour garantir leurs profits, les patrons recourent de plus en plus aux contrats précaires (CDD) et intérimaires et aux contrats qui les exonèrent de charges sociales.. Un exemple : Pôle emploi

Pôle emploi, le géant né de la fusion entre les Assedics et l’ANPE, était présenté comme un moyen d’améliorer le service rendu aux chômeurs. Le relooking des agences et la communication passée, l’évidence s’impose : Pôle emploi est une arme efficace pour imposer le contrôle et le flicage de ses salarié(e)s et des chômeurs. Depuis la fusion et l’explosion du chômage, les agences – transformées en commissariats des chômeurs sont sous pression.

D’un côté, les agents du Pôle emploi subissent un management par les chiffres, une pression de leur hiérarchie, une perte de sens professionnel et une précarisation de leur emploi. 1 500 CDD ne seront pas renouvelés et 300 postes en CDI seront supprimés en 2011. Résultat : un véritable mal être au travail s’installe ; suicides et arrêt longues maladies se multiplient. De l’autre côté du guichet, les usagers devenus des clients sont placés sous contrôle. La chasse aux mauvais chômeurs est ouverte. Les radiations et les humiliations pleuvent, l’accompagnement est devenu inexistant et se résume à un contrôle mensuel… Pendant ce temps, le secteur privé remporte des marchés pour des ateliers qui nous habitue avec la présence du manager( celui qui a pour tâche principale la bonne santé mentale de ses futurs collaborateurs )et celui-ci s’engraisse sur le dos des chômeurs et des précaires. Nous n’avons pas à payer leur crise, la colère monte, A valence comme ailleurs vive l'interlutte. Continuons le combat tous ensemble, chômeurs précaires, travailleur(se)s du public comme du privé, dans des AG interprofessionnelles de quartiers, de villes, départementales et territoriales pour reconstruire par les luttes ce que le capitalisme détruit, pour conquérir la justice sociale et en finir avec l’insécurité sociale généralisée. La solidarité est une arme, elle passe par l’information réciproque !

C’EST PAS À L’ÉLYSÉE, C’EST PAS À MATIGNON, C’EST PAS DANS LES SALONS QU’ON OBTIENDRA SATISFACTION, C’EST NOUS QUI TRAVAILLONS ET QUI CHÔMONS, ALORS C’EST NOUS QUI DÉCIDONS !

signature: Collectif chomeuse chômeur et précaire sans honte ,

mail:collektifprekairechomereuse@yahoo.fr



 

1technologies de l'information et de la communication ( TIC)information trouvé sur wikipedia et EchangesN°134

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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 08:40

 

Maitre Bernard Ripert passe aujourdhui  est à nouveau poursuivi devant le Conseil de Discipline pour quelques vérités tenues à l’audience de certaines Cours d’Assises. Depuis toujours, l’Avocat est un rempart contre l’arbitraire, l’injustice et même les inégalités. Plus que jamais sa liberté de défense et de parole doit être respectée et sauvegardée. Sans Avocat, pas de défense, sans liberté de parole, pas d’Avocat.

Bernard Ripert : “Je combattrai ces connards jusqu'à ma mort !”

L'avocat grenoblois Bernard Ripert va se retrouver en correctionnelle pour s'être félicité de la mort d'un gendarme. A la suite d'une plainte du ministre de l'Intérieur. Portait d'un personnage incroyable issu de l'extrême gauche radicale. Engagé, inflexible, brutal. Et très seul.

 

“Je vous dis merde à vous et à votre question !” Il est comme ça, Bernard Ripert, quand on lui pose une question qui l'agace. Et il vous regarde droit dans les yeux, implacable. Un sacré avocat qui n'a pas peur des mots, notamment quand il parle de ses confrères en dénonçant le système judiciaire : "pourris", "ordures", 'connards", "enculés"... Mais il n'élève jamais le ton. Toujours calme, déterminé. Comme si ce marginal, qui se présente comme "l'avocat le plus martyrisé de France", n'avait plus rien à perdre. Et il a le physique pour tenir ce rôle. Grand, carré, barbe blanche, petits yeux vifs. Un air de paysan. Une force de la nature. Et si on insiste en lui demandant si au fond lui aussi, l'avocat d'extrême gauche, il ne participe pas à ce système qu'il dénonce, il réplique sans hésiter : "je suis dans le système pour mieux le faire sauter”. Pas facile d'interviewer Me Ripert. Mais après son dernier dérapage, on sent qu'il a besoin de s'expliquer. Son cabinet est installé au troisième étage d'une tour grise de l'ancien village olympique de Grenoble. Dans sa petite salle d'attente, Ripert a accroché au mur une vieille affiche du groupuscule terroriste Action Directe, et un portrait de l'ancienne ministre de la Justice, Rachida Dati encadrée dans une cuvette de WC. “Il faut que je la remplace par Michèle Alliot-Marie...” Son bureau est d'une autre époque, les années 70. Pas d'ordinateur, ni d'Internet mais une machine à écrire fatiguée qu'il utilise pour taper ses plaidoiries. Chaleureux mais toujours méfiant, Ripert attaque d'emblée “les journalistes charognards au service de l'ordre bourgeois”. Et il évoque son clash du 14 octobre dernier, lorsque dans les couloirs de la Cour d'assises du Jura, il aurait lâché après la mort d'un gendarme la veille, lors d'un contrôle routier : "Un gendarme s'est fait écraser. Tant mieux, ça en fait un de moins au bord des routes.” Le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux a aussitôt porté plainte pour “injure à la police et à la gendarmerie”. Ripert reconnaît avoir fait une boutade de ce genre, il se défend de l’avoir faite en public. “La preuve, ces charognards ont branché leur caméra pour me demander de le répéter et j’ai refusé.” Une certitude, cet avocat grenoblois collectionne les poursuites pour outrage à magistrat et il multiplie les dérapages. Comme en juillet dernier, devant la Cour d'assises à Lyon où il s'emporte contre “ces avocats lyonnais qui sont serviles et qui courbent l’échine devant la justice”. Ce qui lui a valu une plainte. Et quand on l'interroge aujourd'hui, Ripert maintient ses propos et il en rajoute contre les “magistrats sarkozystes liberticides”. En poursuivant son réquisitoire, toujours très calme, massif, légèrement en avant comme s'il allait bondir, regard perçant...
Derrière son bureau en bois brut, Ripert saisit un élastique qu'il sort nerveusement d'un tiroir et qu'il triture d'un geste mécanique. Une manie. Tout en parlant d'une voix grave et posée. Un mélange de douceur et de violence. Toujours sur le même ton monocorde : “Les lois sont pourries car elles sont au service de la minorité qui est au pouvoir. C'est un système qui protège les voleurs et les escrocs au pouvoir...” On se demande comment l'arrêter, lui suggérer une nuance... Mais non, il continue, imperturbable. No limit. Et quand on lui demande quel est le modèle pour lui, il parle tranquillement de la Corée du Nord !

 

Et là, on se dit tout simplement : d'où vient cet incroyable OVNI ?
En fait, Bernard Ripert est né en 1950 à Détrier, un petit village savoyard de 400 habitants. Son père, Albert, est ouvrier chez EDF. De sensibilité communiste, il milite à la CGT tout en cultivant son lopin de terre. Alors que sa mère, Françoise, s'occupe de ses cinq enfants qu'elle élève dans la tradition catholique. Enfant, le petit Bernard est timide et solitaire. A l'école, il ne joue pas avec les autres enfants et passe les récréations seul contre le mur. “Il nous disait qu'il avait peur des autres enfants” se souvient un de ses anciens camarades. Il fera ses études secondaires au lycée de Pontcharra dans la vallée du Grésivaudan, avant de rejoindre Grenoble pour passer son bac. C’est à ce moment-là qu’il dévore les penseurs marxistes et qu'il se range derrière Mao Tsé Toung dont il reste aujourd'hui un fidèle admirateur. Il a 16 ans quand son idole lance la Révolution culturelle en Chine. Il décide alors de se rendre sur place. “Je suis allé seul à l’ambassade de Chine à Genève pour faire une demande de visa. J'ai été reçu par un type qui m’a dit qu’un révolutionnaire devait se battre dans son pays.” Ripert suivra ce conseil à la lettre. Doué pour les études, il s'inscrit sans conviction à la fac de droit de Grenoble en pointe dans la révolte étudiante. On est alors en 1969 et le jeune Ripert va militer au sein de la Gauche prolétarienne “malheureusement dirigée par des fils de bourgeois donc des fils de pute, qui jouaient à la révolution parce que c’était à la mode”. Les stars de l'époque, Bernard Henri Levy, Bernard Kouchner... avaient les cheveux longs et tenaient des discours révolutionnaires. Mais aujourd'hui Ripert “leur crache dessus”. Pour lui, la révolution, c'est sérieux, il y croit dur comme fer et se "tape" de la libération sexuelle. Ce n'est pas le genre hippie bon vivant, il préfère la lutte des classes tendance austère. “La fête, c’est pour les petits connards”. Pendant ses vacances, il part dans les camps palestiniens, au Liban. Il achèvera ses études de droit en 1972 en décrochant son certificat d’aptitude à la profession d’avocat en poche, mais il décide de devenir ouvrier. En fait, il fait partie de ces militants marxistes qui infiltrent les entreprises, pour inciter "la classe ouvrière" à la révolte contre le patronat. “Je dissimulais mon identité car j’étais bien connu et les patrons se méfiaient. ” Ripert va travailler à Caterpillar, SKF, Neyrpic... Mais au début des années 70, l’extrême gauche radicale s’essouffle et Ripert finit par prêter serment au barreau de Grenoble. Au début, il galère car on évite ce militant dont la réputation est sulfureuse. Mais il a décidé d'être un avocat révolutionnaire et il s'accroche dans la cuisine de son petit appartement de la rue Servant, au cœur du quartier arabe de Grenoble. Commis d’office, il traite quelques dossiers sans grand intérêt, tout en rêvant de grands procès politiques. Après une année difficile, il s’installe au centre de Grenoble, place Saint-Bruno, en développant assez vite une clientèle de sans-papiers. A cette époque, il devient adjoint au maire de Détrier mais il participe rarement au Conseil municipal où on l'a surnommé Mao. “Il voulait faire une dictature communiste à Détrier”, se souvient un ancien élu. “Ceux qui traitent Mao de dictateur, je les traite d'enculés !” réplique Ripert toujours maoïste convaincu.

 

Au début des années 80, une poignée d'anciens militants de la Gauche Prolétarienne passent à l'action armée. Action Directe sème la terreur en France avec une cinquantaine d'attentats. Ripert ne les suit pas mais il sera leur avocat. “Ceux qui ont des idées n’ont pas peur de mourir et de tuer pour leurs idées, je trouve ça respectable”, explique celui qui utilisera ces procès comme une tribune. A l'époque, il côtoie le fameux avocat Jacques Vergès. “Il a un passé honorable mais c'est devenu un petit rigolo égocentrique qui au fond n’a jamais combattu la justice de son pays. Il a choisi d’adopter pour une défense de rupture. Mais, moi, je préfère la présence offensive.” Une technique redoutable, reconnaissent ses confrères comme la pénaliste grenobloise, Me Joëlle Vernay, qui explique : “Il est capable de démonter une enquête policière sans avoir peur d'attaquer les magistrats. Mais il n'improvise jamais. Ses plaidoiries sont intégralement écrites, ce qui est très rare”. Sa stratégie repose aussi sur les incidents pour décrédibiliser les magistrats. Et ça marche car Ripert obtient parfois des acquittements dans des affaires perdues d'avance. Mais sa méthode est aussi très contestée. Comme dans le procès d'Antonio Ferrara, jugé fin 2008 pour son évasion de la prison de Fresnes en mars 2003. Le journaliste du Nouvel Observateur Olivier Toscer raconte : “Ripert ne venait pas souvent aux audiences et lorsqu'il était là, il insultait la cour en oubliant son client pour faire de ce procès une tribune politique. Et s'il a pris 11 ans de prison, c'est en partie à cause de cette défense d'un autre âge”. En juillet 2008, l'Ecole des avocats de Lyon l'a pourtant invité en tant qu'expert dans le cadre d'une formation sur la gestion des incidents en procédure pénale. “Il est hors-système mais au fond de lui-même, c'est un vrai humaniste. Pour lui, l'avocat doit être militant et combattant”, analyse le bâtonnier de Grenoble, Patrice Giroud, qui a fait ses études de droit avec Ripert.

Souvent seul contre tous, rarement soutenu par ses confrères qui dénoncent sa brutalité et son sectarisme, Bernard Ripert en rajoute avec un discours politique radical. Il n'hésite pas à regretter le mur de Berlin et à vanter les mérites d'un communisme pur et dur. Là encore, il joue la provocation en défendant la Corée du Nord "un régime égalitaire avec des dirigeants qui défendent le peuple”. Si on lui fait comprendre que ce genre de plaidoirie pour une dictature est choquant, il répond sans hésiter que ça ne peut choquer que les “aliénés”. Et bien sûr, il trouve bien fade l'extrême gauche actuelle. “Besancenot ? Il est autant facteur que je suis bûcheron. C'est un mec du showbiz”.
Mais ce militant n'a pas renoncé à l'action politique sur le terrain. Dans son village, il a présenté, aux dernières municipales, une liste “priorité aux habitants”. Il a réussi à faire élire deux candidats mais lui est resté sur le carreau. Il faut dire qu'à Détrier, "Mao" est respecté mais on se méfie de lui. D'autant plus qu'il s'est brouillé avec son voisin de frère. Et que ses “fêtes de quartier” qu'il organise sont très sélectives. Interdites aux "connards" et autres "enculés".
Résultat, il est souvent seul. Il vit en famille avec sa femme, infirmière à la retraite et ses trois filles qui se “préparent au chômage puisque c'est la seule perspective que la société offre aux jeunes”. Et il passe des heures, comme son père, à cultiver son potager en ruminant sa révolution. Alors heureux, l'avocat "le plus martyrisé de France" ? Il hésite quelques secondes en triturant son éternel élastique, le regard sombre et la voix sourde, il balance cette réponse étrange : “On ne peut être heureux que sur le malheur des autres”. Bref, pas question d'être heureux, ce serait forcément "bourgeois". Puis il se ressaisit comme pour se dégager d'un piège avant de promettre d'un air impitoyable : “Je combattrai ces connards jusqu'à ma mort !”

Joan Tilouine

Article paru dans Mag2 Lyon de décembre 2009 disponible au format numérique sur Relay.com

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