Le Laboratoire
La 9 décembre 1897 paraissait le premier numéro du quotidien dirigé, administré, composé uniquement par des femmes. Jamais pareille tentative n’avait été
faite...
Les confrères saluèrent unanimement celle qui l’avait osée.
Puis quelques-uns d’entre eux exprimèrent leur désillusion…
La Fronde était un journal comme les autres journaux…pas plus amusant !! On y trouvait matière à discussion, non à plaisanterie. Vite, elle fut
baptisée : « Le Temps en jupons ». Cette critique était le seul compliment qu’elle pouvait
ambitionner.
Être pris au sérieux, être compté, dès son début, parmi les journaux importants, parmi les grands journaux, c’était un succès inespéré.
Beaucoup prétendirent que les compliments avaient été d’autant moins ménagés qu’on jugeait l’œuvre éphémère…
Logiquement, dans un journal dirigé par une femme et composé uniquement de femmes, la Discorde, le Potin, la Jalousie devaient promptement tout détruire. « Elles se grifferont la figure avant quinze jours et s’arracheront les cheveux », prédisait-on.
Cinq années ont passé sur ces sinistres pronostics ! Cinq années au cours desquelles plus de dix journaux d’hommes sont nés, ont vécu et sont morts ; cinq années pendant lesquelles sont venus jusqu’à nous les bruits de quantité de duels, de gifles données et rendues dans des rédactions d’hommes et les rédactrices de La Fronde, rédactrices de la première heure qui sont encore celles d’aujourd’hui, possèdent toujours leurs ongles, leurs cheveux et n’ont, sur aucun terrain, blessé personne.
Ce n’est pas dans le fait, prétendu bien à tort extraordinaire, de faire vivre des femmes en bonne harmonie que gisait la difficulté. Les êtres raisonnables, qu’ils soient de sexe masculin ou de sexe féminin se comportent raisonnablement dans tous les cas, dans toutes les circonstances. Les femmes que je choisis étant intelligentes ne pouvaient agir comme des sottes.
Mais si, de tout temps, les femmes écrivirent, le journalisme militant leur était étranger. Aucune, à part peut-être Séverine, n’avait avant la Fronde, exercé en France un métier qui consiste à pénétrer partout, en tout temps, à toutes heures, à
se déplacer suivant les nécessités de l’information et que seuls peuvent exercer ceux qui sont libres de leur personne, de leur temps.
Les convenances de famille ou mondaines furent les plus sérieux obstacles au recrutement des rédactrices…, obstacles qu’il fut malaisé d’aplanir.
Puis, où chercher un public ? dans quelles classes de la société La Fronde recruterait-elle ses lectrices ?
Elle pouvait espérer la clientèle des femmes ouvrières dont elle servait les intérêts… Les femmes ouvrières n’ont pas le temps de lire… d’ailleurs, dans leur
budget, un sou est un sou et l’on a un petit pain pour le prix d’un journal.
On pensa que les oisives, les heureuses de la vie enfin averties s’intéresseraient au sort de leurs sœurs infortunées… Bien moins encore que les ouvrières, les mondaines ont le temps de
lire. Personne n’est plus occupé qu’une femme qui n’a rien à faire.
C’est dans les milieux intellectuels que La Fronde devait trouver son véritable terrain et la liste de ses abonnés étonneraient bien des gens par son
éclectisme.
Il y figure actuellement deux impératrices, des princes, des savants, des artistes, des généraux, des hommes d’Etat et des gens d’Eglise. Seul parmi ces derniers, le père Dulac n’a pas été
fidèle ! Il s’est désabonné cette année « faute de ressources nécessaires pour continuer », m’a t-il écrit. Avis aux âmes charitables.
Mais parmi les lecteurs et lectrices de la Fronde les membres de cet admirable personnel enseignant qui est la gloire de ce pays sont les plus nombreux et nombreuses et nous sont les
plus chers, car si nous défendons leurs intérêts, ils sont les précieux auxiliaires de notre œuvre.
Les idées nouvelles qu’ils inculquent aux jeunes cerveaux préparent des générations de femmes conscientes de leurs droits et de leurs devoirs qui seront mères plus clairvoyantes parce qu’instruites, et des générations d’hommes qui seront meilleurs par ce que plus justes.
René Riesel
Vallongue
48210 Mas Saint-Chély
à M. Stephan Pinède
Directeur départemental des services vétérinaires
Zone Artisanale du Gévaudan
48000 Mende
Vallongue, le 17 octobre 2009
Chaque infirmier(e) a reçu à son adresse professionnelle un courrier du Conseil National de l’Ordre Infirmier qui comprend 2 documents : un dossier d’inscription et un appel à cotisation de 75 € ainsi qu’une enveloppe non affranchie.
Pour les infirmier(e)s, ce cadeau de rentrée est une surprise tant la mise en place de cet ordre infirmier est loin de leurs préoccupations.
Pour la CGT, l’ordre n’est pas la priorité des professionnels de santé et des patients. Cette structure a été créée par le gouvernement pour mettre en place la RGPP (révision générale de
politiques publiques) et la loi HPST qui, à terme, entraineront la privatisation des services publics de santé.
La CGT appelle les infirmier(e)s à refuser l’ordre par un boycott de l’inscription et un boycott de la cotisation !
Nous appelons les salariés à ne pas retourner ce dossier intrusif et inquisiteur de 8 pages, ni les pièces réclamées et ce d’autant que le traitement des informations recueillies sera sous traité à une société extérieur au CNOI. Cet appel au non renvoi du dossier, se complète d’un appel au boycott de la cotisation !
Il faut gagner du temps !
Ce temps sera mis à profit pour la construction du rapport de force ! Laissons l’ordre organiser lui-même ses démarches administratives auprès des directions d’établissements pour obtenir
les listings et organiser l’inscription « forcée » au tableau de l’ordre ! Quant à l’appel à cotisation, il ne peut se faire que lorsque l’ordre a procédé à l’inscription du
professionnel.
L’article 63 de la Loi n° 2009-879 du 21 juillet 2009 Hôpital Patient Santé Territoire prévoit l’inscription automatique des infirmiers dans des conditions
prévues par décret.
Toutefois, à l’heure actuelle, ces décrets ne sont pas parus et les directeurs d’établissement ne peuvent donc pas communiquer d’informations nominatives aux ordres car celles-ci sont d’une façon
générale sous la protection des textes relatifs au secret de la vie privée
Dans un courrier du 14 octobre 2009, la DHOS incite même les chefs d’établissements à la plus grande prudence concernant les informations à fournir à l’ordre infirmier.
Ainsi, les syndicats CGT locaux peuvent adresser un courrier aux directions de leurs établissement pour leur demander de justifier le motif de la distribution des dossiers de l’Ordre National Infirmier.
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