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Texte Libre

Dimanche 15 novembre 2009

Page d'histoire:

La 9 décembre 1897 paraissait le premier numéro du quotidien dirigé, administré, composé uniquement par des femmes. Jamais pareille tentative n’avait été faite...
Les confrères saluèrent unanimement celle qui l’avait osée.
Puis quelques-uns d’entre eux exprimèrent leur désillusion…

La Fronde était un journal comme les autres journaux…pas plus amusant !! On y trouvait matière à discussion, non à plaisanterie. Vite, elle fut baptisée : « Le Temps en jupons ». Cette critique était le seul compliment qu’elle pouvait ambitionner.
Être pris au sérieux, être compté, dès son début, parmi les journaux importants, parmi les grands journaux, c’était un succès inespéré.
Beaucoup prétendirent que les compliments avaient été d’autant moins ménagés qu’on jugeait l’œuvre éphémère…

Logiquement, dans un journal dirigé par une femme et composé uniquement de femmes, la Discorde, le Potin, la Jalousie devaient promptement tout détruire. « Elles se grifferont la figure avant quinze jours et s’arracheront les cheveux », prédisait-on.

Cinq années ont passé sur ces sinistres pronostics ! Cinq années au cours desquelles plus de dix journaux d’hommes sont nés, ont vécu et sont morts ; cinq années pendant lesquelles sont venus jusqu’à nous les bruits de quantité de duels, de gifles données et rendues dans des rédactions d’hommes et les rédactrices de La Fronde, rédactrices de la première heure qui sont encore celles d’aujourd’hui, possèdent toujours leurs ongles, leurs cheveux et n’ont, sur aucun terrain, blessé personne.

***

Ce n’est pas dans le fait, prétendu bien à tort extraordinaire, de faire vivre des femmes en bonne harmonie que gisait la difficulté. Les êtres raisonnables, qu’ils soient de sexe masculin ou de sexe féminin se comportent raisonnablement dans tous les cas, dans toutes les circonstances. Les femmes que je choisis étant intelligentes ne pouvaient agir comme des sottes.

Mais si, de tout temps, les femmes écrivirent, le journalisme militant leur était étranger. Aucune, à part peut-être Séverine, n’avait avant la Fronde, exercé en France un métier qui consiste à pénétrer partout, en tout temps, à toutes heures, à se déplacer suivant les nécessités de l’information et que seuls peuvent exercer ceux qui sont libres de leur personne, de leur temps.
Les convenances de famille ou mondaines furent les plus sérieux obstacles au recrutement des rédactrices…, obstacles qu’il fut malaisé d’aplanir.

Puis, où chercher  un public ? dans quelles classes de la société La Fronde recruterait-elle ses lectrices ?

Elle pouvait espérer la clientèle des femmes ouvrières dont elle servait les intérêts… Les femmes ouvrières n’ont pas le temps de lire… d’ailleurs, dans leur budget, un sou est un sou et l’on a un petit pain pour le prix d’un journal.  
On pensa que les oisives, les heureuses de la vie enfin averties s’intéresseraient au sort  de leurs sœurs infortunées… Bien moins encore que les ouvrières, les mondaines ont le temps de lire. Personne n’est plus occupé qu’une femme qui n’a rien à faire.

C’est dans les milieux intellectuels que La Fronde devait trouver son véritable terrain et la liste de ses abonnés étonneraient bien des gens par son éclectisme.
Il y figure actuellement deux impératrices, des princes, des savants, des artistes, des généraux, des hommes d’Etat et des gens d’Eglise. Seul parmi ces derniers, le père Dulac n’a pas été fidèle ! Il s’est désabonné cette année « faute de ressources nécessaires pour continuer », m’a t-il écrit. Avis aux âmes charitables.
Mais parmi les lecteurs et lectrices de la Fronde les membres de cet admirable personnel enseignant qui est la gloire de ce pays sont les plus nombreux et nombreuses et nous sont les plus chers, car si nous défendons leurs intérêts, ils sont les précieux auxiliaires de notre œuvre.

Les idées nouvelles qu’ils inculquent aux jeunes cerveaux préparent des générations de femmes conscientes de leurs droits et de leurs devoirs qui seront mères plus clairvoyantes parce qu’instruites, et des générations d’hommes qui seront meilleurs par ce que plus justes.

***
 
- Publié dans : tribune libre
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Dimanche 15 novembre 2009


Lettre ouverte

René Riesel
Vallongue
48210 Mas Saint-Chély
à M. Stephan Pinède
Directeur départemental des services vétérinaires
Zone Artisanale du Gévaudan
48000 Mende
Vallongue, le 17 octobre 2009

Monsieur,

Après celui que vous m’aviez adressé le 18 août j’ai également reçu votre courrier recommandé, avec accusé de réception, du 30 septembre. Vous m’y mettez à nouveau «en demeure de faire mettre en oeuvre par [mon] vétérinaire sanitaire une vaccination valable de [mes] animaux éligibles contre les sérotypes 1 et 8 de la FCO dans un délai n’excédant pas 15 jours à compter de la réception de cette lettre». Vous m’y informez aussi qu’«en l’absence de l’attestation, par [mon] vétérinaire sanitaire d’une première injection de primo-vaccination ou d’un rappel sous ces quinze jours, de même (en cas de primovaccination) qu’en l’absence d’une seconde injection dans le délai prévu par le laboratoire fabricant du vaccin utilisé», vous serez «contraint de transmettre à Madame le procureur de la République un procès verbal de constatation du non respect des mesures collectives obligatoires de prophylaxie des maladies animales, contravention pénale de 4e classe».

J’ai pris bonne note de vos injonctions. Je n’en persiste pas moins à refuser de soumettre mon cheptel à la vaccination contre l’un et l’autre des dits sérotypes. Ceci valant également pour celles qui pourraient se voir imposées à l’avenir contre tel ou tel des vingt-deux autres sérotypes connus dont la manifestation sous nos latitudes est, comme on sait, des plus envisageables à plus ou moins brève échéance.

Je ne mentionnerai donc qu’à titre de curiosité un détail, forcément secondaire face à une si dangereuse maladie, indiscutablement vectorielle et non contagieuse, que votre précédent ministre de tutelle, désormais recasé dans l’industrie pharmaceutique, présentait sans rire comme la plus grande crise sanitaire depuis 50 ans : eussé-je été dans de plus dociles dispositions qu’il m’aurait de toute façon été impossible d’obtempérer à votre sommation dans le délai imparti. Mes brebis sont en lutte ou gravides et, s’il faut en croire le chapitre 2.1.9, consacré à la Blue Tongue, du Manuel des tests de diagnostic et des vaccins pour les ruminants terrestres de l’O.I.E.-Organisation mondiale de la santé animale, «attenuated virus vaccines are teratogenic and should not be administred to pregnant sheep during the first half of pregnancy as this may cause fetal death and abnormalities». De même, Newsom et Marsh (Les maladies du mouton, Vigot, Paris 1961, 2e édition américaine 1958) soulignaient déjà : «On a trouvé en Californie qu’il y avait un risque à vacciner les brebis gestantes. Schultz et De Lay (1955) signalent des pertes sérieuses chez les agneaux de brebis vaccinées alors qu’elles étaient pleines de 4 à 8 semaines. Beaucoup d’agneaux furent mort-nés ou présentèrent des symptômes de développement cérébral imparfait. Il est donc recommandé de vacciner les brebis reproductrices au moins trois semaines avant la lutte, ou bien après les trois premiers mois de gestation.»

Je vous laisse libre de juger qu’il ne s’agirait là, en toute hypothèse, que de dégâts collatéraux, qui ne pèseraient rien en regard des bénéfices dont votre courrier fait maladroitement la propagande. Une telle conviction paraît du reste partagée car il est notoire qu’on ne s’est pas privé de faire n’importe quoi dans cette comique blitzkrieg antivirale, vaccinant des bêtes gestantes aussi bien que des animaux infectés, avec les résultats qu’il fallait attendre. Ceux-ci sont constatables par n’importe quel éleveur mais, malheureusement, «la qualité des données recueillies n’a pas toujours permis d’évaluer correctement le rôle réel du vaccin dans la survenue de l’effet indésirable» et l’A.F.S.S.A. ne peut faire autrement qu’en conclure : «À ce jour, les données recueillies ne remettent pas en cause le principe de la vaccination.» (A.F.S.S.A., 31 mai 2009)

C’est précisément ce que votre courrier comporte de propagande, d’intimidations et de mensonges implicites ou explicites qui donne tout son sens, bien au-delà des considérations qu’on pourrait émettre sur ses bénéficiaires directs (cette industrie de la pharmacie dont vous me recommandez de suivre les prescriptions), à la manipulation dont vous êtes l’exécutant.

Vous demeurez, là encore, libre de hausser les épaules : à considérer la pandémie étatico-médiatique autour de la redoutable grippe qu’on endigue en se mouchant dans son coude et qu’on soigne au paracétamol, qui se soucierait qu’on traite les ruminants comme des hommes ? Ainsi qu’on peut en faire quotidiennement le constat à tout propos, les perspectives sont d’ailleurs excellentes pour les agents du Ministère de la Peur et il relève de la bonne gouvernance d’avoir su vérifier, sous couvert de santé animale (et, prochainement, de «traçabilité» quand le puçage des moutons deviendra obligatoire après qu’on l’ait fait adopter aux hommes librement, sans la moindre coercition) qu’il en coûte finalement fort peu désormais pour perfectionner l’administration des hommes.

Je vois de l’intimidation et un mensonge implicite dans votre affirmation selon laquelle mon cheptel n’étant «pas valablement vacciné» il constituerait, «à ce titre, un cheptel dans lequel la circulation de la maladie pourra survenir avec les conséquences sanitaires et économiques que l’on connaît». Les données «épidémiologiques» du même O.I.E. signalent : «Taux de mortalité normalement faible chez les ovins mais pouvant atteindre 10% lors de certaines épizooties. Maladie non contagieuse» et j’entends, ce qui ne regarde que moi, faire mon affaire de ce que vous appelez des «conséquences sanitaires et économiques» en accompagnant comme je le peux le développement d’immunités naturelles chez mes animaux.

Je refuse de les livrer aveuglément aux marchands de chimie et de me soumettre moi-même à cet exercice d’infantilisation ou plutôt de préparation aux futurs états d’urgence. Et si vous me comprenez mal, songez aux brasiers et aux dispositifs de la fièvre aphteuse ou, mieux encore, reportez-vous au Guide d’aide à la décision pour la gestion du milieu agricole en cas d’accident nucléaire que votre fonction vous interdit d’ignorer. Ce catalogue constamment mis à jour de monstruosités et d’inepties technocratiques est accessible, transparence oblige, sur le site Internet du ministère de l’agriculture mais on le verrait bien accompagner les liasses de formulaires «P.A.C.» adressées annuellement aux agriculteurs. Coproduit par l’Autorité de sûreté nucléaire (A.S.N.) et la Direction générale de l’alimentation (D.G.A.L.) avec le concours des Instituts techniques qui sont le fleuron de la «Profession», il est le résultat d’une initiative à l’origine de laquelle on trouve les fameuses Organisations professionnelles agricoles («O.P.A.»). À la lumière du genre de sollicitude qui s’y exprime à l’endroit du bétail animal et humain on comprend mieux à quoi pourrait servir la discipline déjà acquise dans de précédentes «situations de crise» : fièvre aphteuse, varron, F.C.O. où l’éradication n’a cessé d’être le maître mot de l’impuissance bureaucratique.

Mais, surtout, vous n’ignorez pas qu’un troupeau non vacciné ne présente aucun risque pour les cheptels avoisinants. Dans le cas contraire que ne faudrait-il pas redouter du réservoir sans fond que constitue la «biodiversité» de nos «territoires» ? La nature ne vous facilite pas les choses : pas de vaccination envisageable pour les ruminants sauvages ! Mais il n’y a là bien sûr rien qui remette si peu que ce soit en cause la vérité statistique du seuil de 80% d’animaux vaccinés que vous vous glorifierez immanquablement d’avoir atteint. À l’instar de la bureaucratie stalinienne exaltant régulièrement la pulvérisation des objectifs de ses plans quinquennaux ou, plus trivialement, du policier qui a fait son chiffre.

J’ajouterai trois remarques pour en finir avec cet aspect. La première est que les considérations alambiquées de l’O.I.E. à propos de la perspective inverse (culicoides transportant les virus atténués à partir d’animaux vaccinés) incitent au moins à une certaine perplexité. La seconde est qu’en vous targuant d’avoir gagné une bataille («aucun foyer n’est recensé en Lozère à ce jour pour l’année 2009 (pour mémoire : 111 foyers en 2008)»), sans préciser sur quel critère — réactions sérologiques ? manifestations cliniques ? — est opéré un décompte si flatteur qu’il fait songer à la propagande pour les radars routiers ou la vidéoprotection, vous négligez délibérément de faire la part de l’effet provisoire des vaccinations et de l’effet plus durable de l’acquisition par les animaux d’une immunité naturelle que l’A.F.S.S.A. elle-même ne conteste pas. La troisième remarque sera brève : on vaccine en Afrique du Sud depuis le début du XXe siècle.

Enfin, qui s’interdirait de voir que le mensonge, explicite cette fois, vole au secours de l’intimidation (mais vous êtes peut-être, sans le savoir, par habitude fonctionnelle en somme, convaincu de la vertu des prophéties autoréalisatrices) dans cette partie de votre courrier où votre traitement de texte écrit que mon cheptel non «valablement vacciné (…) constitue, à ce titre, une exception dans notre département» ? Le nombre de lettres semblables que vous avez dû faire sortir de l’imprimante et envoyer le jour même aux autres coupables d’insubordination de ce département dément absolument cette assertion. Il n’est du reste pas besoin de participer à quelque «collectif» que ce soit (quoique certains aient su produire un remarquable travail de désintoxication, je pense en particulier aux vétérinaires du G.I.E. Zone Verte) pour savoir que de telles «exceptions» persistent à se manifester ouvertement sur l’ensemble du territoire français.

Bien sûr, certains n’auront pas manqué de laisser la fermeté de leurs convictions s’éroder devant la menace, c’est ce sur quoi vous comptiez, mais de nombreux signes indiquent en même temps qu’après l’annonce par un ministre quelque peu bousculé d’une seconde campagne obligatoire (mais gratuite !) en 2010, et au vu des résultats de la première, il va vous falloir singulièrement hausser le ton contre de nouveaux récalcitrants pour continuer à faire régner l’ordre vaccinal.

Il ne me convient pas de vous y aider.

Je déclare ma solidarité pratique avec les autres opposants à cette campagne de vaccination forcée.

Je vous prie d’agréer, Monsieur, mes sincères salutations.

- Publié dans : contrerfidvalence
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Dimanche 15 novembre 2009

Boycott de l’Ordre infirmier : Mode d’emploi


Le Conseil National de l’Ordre Infirmier a lancé l’inscription et l’appel à cotisation depuis le 1er septembre 2009 et ce durant une semaine.

Chaque infirmier(e) a reçu à son adresse professionnelle un courrier du Conseil National de l’Ordre Infirmier qui comprend 2 documents : un dossier d’inscription et un appel à cotisation de 75 € ainsi qu’une enveloppe non affranchie.

Pour les infirmier(e)s, ce cadeau de rentrée est une surprise tant la mise en place de cet ordre infirmier est loin de leurs préoccupations.
Pour la CGT, l’ordre n’est pas la priorité des professionnels de santé et des patients. Cette structure a été créée par le gouvernement pour mettre en place la RGPP (révision générale de politiques publiques) et la loi HPST qui, à terme, entraineront la privatisation des services publics de santé.

Ne pas remplir le dossier et ne pas payer !

Pour la CGT, il s’agit surtout à cette étape de ne pas faciliter la tâche à une structure que l’on ne reconnait pas et que l’on souhaite voir disparaitre ! Certains infirmier(e)s rentrent déjà en résistance et renvoie leur enveloppe non affranchie, vide ou remplie de prospectus.

La CGT appelle les infirmier(e)s à refuser l’ordre par un boycott de l’inscription et un boycott de la cotisation !

Nous appelons les salariés à ne pas retourner ce dossier intrusif et inquisiteur de 8 pages, ni les pièces réclamées et ce d’autant que le traitement des informations recueillies sera sous traité à une société extérieur au CNOI. Cet appel au non renvoi du dossier, se complète d’un appel au boycott de la cotisation !

Il faut gagner du temps !
Ce temps sera mis à profit pour la construction du rapport de force ! Laissons l’ordre organiser lui-même ses démarches administratives auprès des directions d’établissements pour obtenir les listings et organiser l’inscription « forcée » au tableau de l’ordre ! Quant à l’appel à cotisation, il ne peut se faire que lorsque l’ordre a procédé à l’inscription du professionnel.

Interpeller les directeurs d’établissements !

La réception de ces courriers doit être l’occasion d’organiser la mobilisation des professionnels concernés par les structures ordinales et ceux qui pourraient l’être prochainement comme les aides soignantes, les psychologues et bien d’autres ! Il est donc urgent pour les professionnels de réagir et s’organiser

L’article 63 de la Loi n° 2009-879 du 21 juillet 2009 Hôpital Patient Santé Territoire prévoit l’inscription automatique des infirmiers dans des conditions prévues par décret.
Toutefois, à l’heure actuelle, ces décrets ne sont pas parus et les directeurs d’établissement ne peuvent donc pas communiquer d’informations nominatives aux ordres car celles-ci sont d’une façon générale sous la protection des textes relatifs au secret de la vie privée

Dans un courrier du 14 octobre 2009, la DHOS incite même les chefs d’établissements à la plus grande prudence concernant les informations à fournir à l’ordre infirmier.

Ainsi, les syndicats CGT locaux peuvent adresser un courrier aux directions de leurs établissement pour leur demander de justifier le motif de la distribution des dossiers de l’Ordre National Infirmier.


Télécharger un modèle de courrier aux directeurs d’établissement
- Publié dans : enfermements: prison psychiatrie ...
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